Nos aventures depuis notre arrivée!!!

Voilà notre 3ème semaine achevée. Jusqu’à présent, beaucoup de choses à raconter au niveau du travail,  de la culture, de la population et de nos visites.

 

Dispensaire 

Nous avons été étonnées des infrastructures. Les locaux « vides » avec très peu de lumières. Les soins se font avec des lampes de poches lors de coupure de courant (très fréquent) que chacun a dans sa poche).

Un seul drap protège le lit et ce, pour tous les patients. Ici, les femmes utilisent leur pagne (tissu, tenue vestimentaire) pour recouvrir le lit avant de s’y allonger.

Lors des hospitalisations, c’est la famille qui apporte les repas, et les femmes font leur lessive au dispensaire.

Lors des soins, une seule aiguille est utilisée par patient malgré les injections/prélèvements à répétition. Rien n’est réellement stérile même pour les plaies plus complexes, et un seul appareil à tension se promène de salle en salle (lorsqu’il fonctionne).

Au dispensaire, les soignants font plus de 48h de travail d’affiler (nous 12h maximum, en Suisse). Les aides sont formées pour effectuées le travail d’une infirmière et d’une sage-femme (manque d’effectif) et les infirmiers/ères font les consultations médicales et prescrivent les médicaments (rôle du médecin chez nous). Nous avons été surprise, lorsque nous avons assisté  au premier accouchement, d’apprendre que la soignante qui a pris en charge la future maman était une aide. Nous avons été étonnées pour la 2ème fois en voyant l’infirmière poser des diagnostics médicaux et prescrire des médicaments (dans le dispensaire infirmier = médecin)

Lors de soins qui demandent des anesthésies en Suisse (accouchement, grandes plaies, pose de cathéter chez l’enfant) rien n’est administré contre la douleur.

Au laboratoire, les analyses sont faites au microscope (comptage des globules/parasites à la main), car pas d’appareillage adapté.

Déroulement d’une prise en charge : arrivé à l’accueil, les patients sont pesés puis prise de tension et de température. S’ils ne sont pas encore enregistrés, ils doivent acheter un carnet de soins (300 CFA = 70 cts). Ensuite, ils passent en consultation médicale avec l’infirmière.  Celle-ci  les examine avant de poser un diagnostic et de prescrire les médicaments. Les patients doivent alors acheter les traitements, le matériel et payer les analyses (si besoin) à la pharmacie du dispensaire pour pouvoir bénéficier des soins. Certains bénéficiaires doivent mettre des priorités dans le choix des soins par manque de moyens.

Nous avons pu organiser 3 jours de campagne de soins gratuits grâce aux dons récoltés en Suisse.  Nous avons donc pu soigner une centaine de personnes souffrant, le plus souvent, de paludisme, de fièvre thyphoïde, de malnutrition et de déshydratation. D’autres maladies telles que des problèmes cardiaques, pulmonaires, diabète sont également rencontrées au dispensaire. Les patients viennent aussi lors d’accidents.

A noter que nous voyons beaucoup d’accouchements par semaine, voir même 2 par jour, et que les mamans sont souvent très jeunes (déjà 2 enfants à 20ans).

 

Famille et culture

Avant notre départ de la Suisse, beaucoup de conseils nous ont été donnés par notre enseignante et des personnes ayant déjà fait des voyages humanitaires.  Les précautions que nous avions pris n’ont pas toujours été utiles (habits longs pour le soir, moustiquaires imprégnées que nous ne trouverions pas sur place, chaussures fermées,…). Autant vous dire que nous sommes 24h/24 en tong et que nous n’arrivons pas porter d’habits longs à cause de la chaleur. Ils sont donc encore et toujours dans nos valises.

Bonne entente avec la famille dès le début. Lors des présentations, le directeur nous a dit : voilà votre papa, maman, sœurs. Nous avons appris les prénoms de chacun par la suite. La famille se compose des parents et de 3 filles. Parfaite 20 ans, Chantale 19 ans, et Dorcas 10 ans, mais attention elles nous ont été présentées comme 3 sœurs, filles de la famille alors qu’en réalité, le père a des enfants vivant ailleurs, tout comme la mère. Chantale et Dorcas, filles du frère du papa, sont sœurs biologique, alors que Parfaite est leur tante. Vous pouvez donc vous rendre compte de la complexité familiale africaine et mieux comprendre la raison des familles nombreuses.

Depuis le début, nous mangeons seulement les 3 à table et dans une même assiette. Nous avons pu remarquer que chaque membre de la famille mange quand il le souhaite et dans son coin. Nos représentations concernant les familles africaines étaient erronées, car nous pensions manger tous ensemble.

Le moindre effort de notre part n’est pas accepté. Ici, les « noirs » servent/aident les yovo (blancs). Cela les enchante et nous ne pouvons donc pas lever le petit doigt (si nous prenons l’eau du puits, l’une des filles prend la relève, nous ne pouvons pas débarrasser nos assiettes sans qu’une d’elles ne nous les prenne des mains, idem pour le linge et les divers services).

Concernant la culture, les gens nous disaient que c’était mal vu de montrer nos genoux, de suspendre les sous-vêtements après le lavage et que les blancs devaient payer des verres aux autres lors de sorties. Tout cela n’a pas été objectivé dans la région dans laquelle nous vivons.

Nous nous interrogions fortement sur notre manière d’agir et d’être avec la population, à notre arrivée. Osons-nous porter les enfants du quartier en présence des mères lorsqu’ils nous courent dans les bras ? Pouvons-nous prendre des photos de la population ? Devons-nous accepter de nous faire servir sans lever le petit doigt ? Pourquoi mangeons-nous les 3 à l’écart ? Est-ce mal vu de ne pas finir nos plats ? Pouvons-nous « toucher»/soutenir la femme lors des accouchements ?

Nos divers questionnements ont été entendus par le directeur de l’association qui nous a rassurées. Au Bénin, il est normal d’aider les blancs, de les servir. Au niveau des plats, ce n’est pas mal vu de ne pas finir son assiette, mais cela montre plutôt qu’il y a assez de nourriture et que les hôtes ont été rassasiés. Il nous a aussi dit que les femmes aimaient que les yovo jouent avec leurs enfants et s’en occupent, et que nous pouvions, sans autre, toucher les patients pendant les soins. Étant donné la froideur des soignantes pendant les accouchements, nous pensions  qu’il serait mal vu d’être tactile et qu’il serait préférable d’agir de la même manière qu’elles.

Les expressions du pays sont très étonnantes. Au début, nous ne comprenions pas toujours ce que les gens nous disaient et ne savions pas quoi répondre. Exemple : Vous êtes là ? Vous êtes entrain ? Vous faites un peu ?  Et ce matin ? Bien réveillé ? On évolue ? (=on continue ?) Bonne arrivée ! Bonne assise ! C’est gratuit (après que quelqu’un ait dit merci, voici leur réponse), Doucement ! (=pardon, excuse-moi, désolé, ralentit).

Ici, les gens se vousoient tous et appellent les femmes Tata (grande sœur) puis dès midi, tout le monde se dit déjà bonsoir.

A notre arrivée, nous avons été  baptisées par l’équipe du dispensaire. Nos noms béninois sont : Ahouéfa (Katia) qui signifie paix au foyer, Fifamé (Justine) personne de paix, Senami (Tiziana) don de dieu. Après ce baptême, nous avons appris quelques mots de vocabulaire en Fon (un des dialectes du sud). Nous les utilisons lors des soins et nous en apprenons quotidiennement des nouveaux.

Première surprise du directeur : un pagne. Nous en avons profité pour faire des robes sur mesure par la couturière du quartier.

 

Population

Ici, les mamans et les grandes sœurs portent les bébés au dos à l’aide d’un pagne, et transportent différentes marchandises sur leur tête et cela depuis leur plus jeune âge.

A peine nous mettons un pied en dehors de l’enceinte de la maison, les enfants appellent yovo et chantent : « yovo, yovo bonsoir ! ça va bien, merci ! », puis ils courent vers nous pour nous toucher (visage, cheveux, grain de beauté, mains).

Certains jeunes et/ou homme nous font même la révérence, et les femmes nous disent toujours bonjour avec beaucoup d’entrain.

Il est impressionnant de voir la solidarité des gens d’ici.

Exemple :

–          Les revendeurs des rues essaient de nous vendre des choses 3 fois plus chères et la minute qui suit ils nous aident à traverser la route à circulation très dense, voir même nous accompagner pour faire d’autres achats lorsque nous ne connaissons pas les lieux. Ils nous disent également de patienter et font les achats à notre place (anecdote : nous avons demandé une clé internet MTN à une revendeuse (dans la rue) qui n’avait pas cet opérateur et 2 minutes plus tard, un homme en scooter est arrivé avec la marchandise que nous recherchions, suite à l’appel téléphonique entre lui et la revendeuse).

–          En attente d’un taxi pour aller en ville de Cotonou, une voiture occupée par 2 passagers s’est arrêtée et l’un d’eux nous a cédé sa place avant de prendre un autre moyen de transport pour que nous puissions monter à 4.

Dans les rues, nous pouvons voir des chèvres se promener ainsi que des cochons, des poules et des lézards. Il ne faut pas oublier que le soir nous rencontrons des chauves-souris (perçue au départ, comme des oiseaux tellement elles étaient nombreuses). Lors de nos escapades aux toilettes, nous pouvons également faire la connaissance de souris (peut-être des rats ?), de mouches ou encore de lézards sortant du trou des toilettes.

Avant le coucher, nous nous aspergeons d’anti-moustiques et nous sprayons la chambre d’insecticide. Malgré cela, nous sommes tout de même parsemées de quelques piqures.

 

Ville

Au Bénin, les routes sont pleines de trous et il n’y a pas de délimitation de voies. Deux voies en deviennent quatre, sans compter les zem (taxi moto). Les taxis sont dans un état pitoyable (vitres cassées, sièges déchirés, compteur qui ne fonctionne pas, pas de manivelles pour les vitres et pas d’indicateurs pour l’essence). Dans un taxi à 5 places, nous pouvons être 8 personnes dès que nous pouvons mettre une fesse sur un siège.

Le zem (moyen de transport le plus rapide) transporte à peu près tout (vaches, matelas, miroirs, cochons,…) en plus des passagers. Les  klaxons sont sans cesse présents dans les rues.

Les petites distances prennent énormément de temps à cause de la circulation et de l’état des routes,  et l’attente d’un taxi peut être très rapide ou durer des heures.

 

Visites

L’association nous organise, chaque week-end, différentes visites pour découvrir le pays.

–          Ganvié : village lacustre que nous avons pu visiter en pirogue. Entre le soleil, le mal de mer et une mauvaise nuit passée (vomissement), le voyage fût très long pour certaines qui ne se sentaient pas bien (1h30 aller-retour plus promenade dans le village, le tout sur l’eau). Lors de notre visite, nous avons pu voir le mode de vie des personnes du village (enfants seuls sur une pirogue et au bord de l’eau  dès leur plus jeune âge, marché sur l’eau,…). Après avoir mis pied à terre, nous avons compris la leçon : toujours se protéger du soleil (crème + chapeau), car nous étions rouges écrevisses.

 

–          Safari : Nous sommes parties en car (580km en 10 h de temps, départ à 6h de Cotonou), pendant 4 jours, au nord du Bénin (Natitingou) dans le parc de Pandjari pour y voir divers animaux à l’état sauvage depuis le toit d’un 4X4 conduit par notre guide, Alassan. Notre première nuitée se fit dans l’auberge « la Montagne », où nous avons pu trouver, de vrais toilettes (comme chez nous) munis d’une douche. Après une journée entière de safari durant laquelle nous étions, cette fois ci, bien équipées (crème, chapeau, eau), nous avons pu dormir au milieu de la réserve. La nuit fût très longue de par la chaleur et les divers insectes présents dans notre chambre. Le Lendemain départ pour la cascade de Tanongou où nous avons pu nous baigner avant de retourner à l’auberge pour notre dernière nuit.

 

–          Ouidah : Nous avons commencé par visiter le musée d’histoire de Ouidah (fort Portugais) avant de parcourir,  en zem, la route que les esclaves empruntaient jusqu’à la porte de non-retour (endroit où les esclaves embarquaient), et pour terminer nous avons visité  le temple des pythons où  chacune a eu la chance de porter des serpents.

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Publié le juin 3, 2012, dans Uncategorized. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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